La nouvelle vient de tomber, Facebook rachète FriendFeed pour un montant encore inconnu. Mais plus que le montant, c’est le mouvement de Facebook qui est intéressant.
Depuis un certains temps déjà, Facebook adopte des modes à la twitter (notamment le flux qui se met à jour en temps réel) et beaucoup d’utilisateurs Twitter ont adopté la synchronisation avec leur compte Facebook. Ca veut dire quoi ? Ben tout simplement que Facebook est détourné de son but initial : garder le contact avec ses « amis ». Il est devenu un outil de promotion « sociale » (dans le sens web 2.0 du terme).

Et FriendFeed ? Ben c’était un peu la même chose mais en diférent. Il permet notamment surtout d’agréger les contenu de plusieurs plateformes comme les blogs, Twitter, Youtube,… en un seul endroit et de suivre toute l’activité de ses contacts sur une seule page. Et comme le flux est parfois très important, FriendFeed permettait de classer ses contacts en catégories (ce que ne fait pas Twitter nativement).
Alors ça veut dire quoi ce rapprochement cette fusion ce rachat ? Essayons d’y voir un peu plus clair…
Facebook sent la menace Twitter sur une partie de ses terres.
En effet, Twitter et Facebook n’ont pas la même vocation mais Twitter permet une veille permanent sur l’activité de ses amis mais aussi sur n’importe quel sujet (il suffit pour cela d’utiliser leur module de recherche). Ainsi, l’élargissement de l’offre Facebook était indispensable pour assurer la pérennité du site. Nous entrons donc de plain pied dans l’internet de flux, si cher à certains, où les sites se « dématérialisent » pour laisser place à des flux ininterompues d’informations centralisant l’activité des ses contacts, des sites que l’on suit, etc.
En reprenant FriendFeed, Facebook s’offre donc la possibilité d’intégrer ses flux de manière simple et propre.
Il se dote aussi d’une réelle plateforme de microblogging qui peut être un sérieux concurrent à Twitter.
Si y’a de la thune à se faire, ce sera sur les agrégateurs
La conséquence directe : Les plateformes permettant d’agréger ces flux deviennent les nouvelles poules aux oeufs d’or car c’est sur ces plateformes qu’il faudra investir ses budgets publicitaires pour être sûr d’atteindre une cible plus large.
Facebook fait déjà partie de ses agrégateurs mais n’arrivent pas à le vendre et à en tirer profit. FriendFeed ne l’aide en rien sur ce point puisqu’il n’héberge pas de pub. Attirer (de nouveau) les bonnes grâces de Google serait un grand pas en avant, un accord sans rachat doit rester possible. D’ailleurs, le rachat de FriendFeed fera monter la valeur de Facebook qui se croit alors peut-être un peu plus à l’abris de l’appétit débordant de Google. Personnellement, je ne le pense pas. Google a une force de frappe que les synergies créées par ce nouveau rachat ne pourront éteindre.
Oui mais… Twitter fournit 80% du contenu de FriendFeed
Autre chose qu’il faut avoir en tête, c’est que Twitter fournit une grande partie du contenu de FriendFeed. Donc le petit oiseau bleu et sa baleine pourrait « contre-attaquer ». Je ne vois pas comment étant donné qu’ils n’ont pas la main sur les sites sur lesquels les utilisateurs vont agréger leur contenu mais on pourrait imaginer qu’une proposition de Google ferait l’affaire de Twitter dans les temps qui viennent. Car le combat à venir se situe ici : Google a annoncé Wave qui se pose en agrégateur ultime de flux. Facebook bouge aussi dans ce sens. Twitter seul ne peut donc s’en sortir car il a du mal à se démocratiser aujourd’hui et demain il sera trop tard…
Les signes d’une consolidation 2.0 ?
Maintenant, prenons un peu de recul sur ce rachat.
En économie, les consolidations sont souvent le signe de la maturité d’un marché. Si un telle mouvement venait à se confirmer, on pourrait penser qu’une nouvelle ère commence et que celui qui réussira à consolider le mieux (racheter, s’allier, trouver des alliances mais surtout tout faire fonctionner ensemble, en symbiose) sera le grand vainqueur de la guerre 2.0, pré 3.0.
Une chose m’étonne tout de même dans cette affaire. Je pensais que Facebook n’était pa dans une santé financière extraordinaire puisqu’ils n’arrivent toujours pas à monétiser correctement leur contenu et qu’ils n’ont toujours pas de business model viable. Donc si le montant de la transaction s’avérait élevé, c’est que Facebook aurait eu recours à des investisseurs, une fois de plus. Mais qui pour mettre autant d’argent dans un puits sans fond ?
Merci à Touchcream pour l’info
EDIT : Pour information, FriendFeed n’a « que » 5 millions de dollars de capitaux pour 12 employés contre 716 millions pour Facebook. Ce qui ne signifie pas grand chose sur le montant du rachat ou sur le cash disponible chez Facebook. Mais bon, ça donne déjà une odée de la valorisation possible de FriendFeed puisque celui-ci ne génère à ce jour (enfin je crois) pas de revenu.
A noter aussi : Les 4 fondateurs de FriendFeed sont des anciens de Google
EDIT : Un excellent artcile à lire sur la guerre Google / Facebook chez Michelle Blanc

Répondre