Voici la suite de l’enquête que j’avais commencé à publier le 9 janvier. Alors oui, je sais, je suis très à la bourre mais j’ai une excuse valable « J’avais beaucoup de boulot et je passais 4 jours par semaine dans un pays où Internet n’est pas au top, dans un hôtel où Internet n’est diponible qu’à l’accueil et j’avais une tonne de boulot ». Bref, le blogging n’était pas une priorité, même pas une possibilité.
Whatever ! Reprenons.
Le billet sponsorisé est donc au choix :
- Un billet dont le contenu est (fortement) suggéré, voire imposé par la marque/agence de communication/éditeur/… (que nous appellerons à partir de maintenant le client puisque c’est le terme idoine).
- Un billet « libre » (autant que possible) où le blogueur peut s’exprimer et donner son opinion. A ce sujet, j’ai cherché, en vain, un billet sponsorisé où le blogueur démontait réellement la marque qui le payait. Si vous avez un lien, mettez le en commentaire, ça serait sympa. On ne mord pas la main qui nous nourrit. Le risque étant de ne plus se voir proposer de billet sponsorisé.
- Ces définitions sont partagées par les blogueurs interrogés et doivent donc coexister. Mais se pose alors la question de la réelle liberté éditoriale des blogueurs. Et les réponses sont catégoriques :
Je ne fais pas de différence car de toute façon quand je teste un produit c’est qu’à la base il m’intéresse. Presse-citron ne fait pas partie des blogs qui prennent un truc pour le démolir, juste pour le plaisir de taper dessus. Quand un matériel ne m’intéresse pas je ne le teste pas, que ce soit payé ou pas. J’ai un exemple concret : on m’a proposé il ya quelques temps 1000 euros pour faire le test d’un home-server. Je n’utilise pas ce genre de produit et ça ne m’intéresse pas, en plus je pense qu’avec les box en France il n’y a pas de marché pour ça. Malgré l’offre alléchante (en plus on me me faisait cadeau du matériel) j’ai décliné et je n’ai pas fait le test.
Quand ma marge d’indépendance est trop réduite , je refuse le billet. Donc j’estime que de ce fait je garde ma liberté rédactionnelle
Par rapport aux autres billets, le format est le même. la durée d’affichage est la même, la visibilité est identique. Par contre, comme c’est payé, je m’investi un peu plus, je fais des recherches, je teste le truc à fond donc le billet est peut être un peu plus long que les autres, plus riche… Les obligations éditoriales sont juste de devoir signaler que c’est un billet sponsorisé.
Ma marge d’indépendance est “réfléchie” dans le sens ou je ne vais pas prendre de l’argent pour écrire un truc et le casser parce que c’est de la merde. Dans ce cas, il vaut mieux ne pas en parler du tout. Ensuite, si le produit ou le service est sympa, l’écriture sera forcement positive, tout en apportant des nuances sur certains points faibles ou zones d’ombres de l’offre. Ensuite, j’écris comme je veux, je donne mon avis comme je veux et je met des liens vers ce que je veux, même si le commanditaire fourni du matériel (images, liens) qu’il est “politiquement” plus sympa de placer dans le post.
Je n’accepte que de rares [billets sponsorisés] et toujours quand je suis libre de m’exprimer comme je veux même négativement sur un produit ou service.
Toujours pouvoir écrire ce que je veux avec les mots que je veux pour informer mes lecteurs.
1. Le mécanisme publicitaire du billet sponsorisé.
Dans la tête de certains blogueurs (une majorité à mon avis), si le billet entre dans le cadre de leur ligne éditoriale, il n’est pas considéré comme un massage publicitaire mais comme un billet classique du blog, à la seule différence que ce billet est rémunéré.
La [liberté éditoriale] est tellement négligeable, qu’on peut dire : aucune. Cette marge ne porte que sur des aspects purement formels dans la manière de présenter le produit ou le service, une manière de toute façon favorable. Ce n’est donc une « marge de manoeuvre » que dans le détail, et non sur les qualités essentielles du produit
Pour les annonceurs, c’est donc un excellent moyen de communiquer en s’affranchissant d’un format standard. Vous contactez quelques blogueurs qui ont une audience suffisante pour lancer un buzz (les “influents” comme on dit) et vous vous contentez de regarder la propagation du message sur le Net. L’avantage indéniable pour le client est le fait que chaque blogueur essaiera de personnaliser cette intervention pour le “camoufler” sur son blog, en personnalisant le ton et en diversifiant le message. Avec un peu de chance, les bons billets qui encensent votre produit sortiront dans les premiers résultats Google pendant un temps et donneront donc un image positive de votre produit à moindre coût.
Un peu comme Google arrive à cibler sa publicité, moi j’essaye de cibler ce genre de billets sur ce que recherchent les visiteurs de mon site
La liberté de ton qu’annoncent les blogueurs peut cependant paraître faible au lecteur que je suis, tellement les billets qui sortent parfois sur différents sites se ressemblent.
Je pense qu’il faut aussi arrêter avec l’idée du “Billet sponsorisé = grosse merde, je lis pas”… C’est une info comme une autre et l’internaute reste libre de la lire ou pas. Il reste même libre de ne plus jamais revenir sur le site si il le souhaite. D’ailleurs, le blogueur est le maître chez lui et n’a aucun compte à rendre à personne à partir du moment où les internautes sont au courant que ce qu’ils lisent est sponsorisé. D’ailleurs, tout ce que les internautes lisent gratuitement sur le net, ils le payaient autrefois… L’information est gratuite et bloguer prend du temps. On peut donc difficilement en vouloir au blogueur de chercher à gagner un peu d’argent au travers de pubs et billets sponso sans faire payer un abonnement à l’internaute sur son site…. Logique.
la thématique High Tech / Informatique uniquement. J’en refusé pleins pour des tas de trucs sans rapport.
Ensuite, si c’est merdique ou contraire à ce que je prône depuis de années sur mon site, je refuse…
Et en dessous d’un certain montant, je refuse aussi…
Dans ce système, tout le monde est content, le client et le blogueur. Le lecteur, cependant, se sentant floué, pourra alors réagir vigoureusement dans les commentaires et prendre le blogueur à partie. Ce dernier se sentant vexé, atteint, se défendra, modérera les commentaires. L’effet buzz recherché par l’annonceur est enclenché. C’est aussi simple que cela.
2. Pourquoi (pour combien) prendre le risque de se fâcher avec une partie de son lectorat ?
Je ne sais pas pour les autres, mais sur Presse-citron, un BS est facturé entre 500 et 1500 euros. Ce qui explique que j’en fasse très peu, je ne prends rien en-dessous de 500 euros
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[Les billets sponsorisés représentent] 10% [des revenus du blog] à la louche. Nous refusons beaucoup de billets sponsos.
Uniquement de la pub.
Les rares billets que j’ai écrit m’ont rapporté 50 euros !
[Mes sources de revenus sont] des pubs adsenses et je suis en négociation avec des régies pubs pour 2009, où je deviendrai auto entrepreneur.
Je n’ai fait que 3 ou 4 billets sponsorisés dans ma vie, donc si tu ramènes ça à la date de début du blog, ça fait 1 post sponsorisé par an. Du coup, ça ramène pas grand chose…
En dehors d’Eric, les billets sponsorisés sont loin de rapporter. De plus, même chez ce dernier, ils ne sont pas légion sur le blog et ne représentent donc en général qu’une part faible des revenus du blog.
Il semble donc que la tornade que provoque chacun de ses billets soit supportable dans la mesure où les lecteurs sont toujours là et qu’on est pas rancunier sur le web.
Je vous laisse avec cette citation de Maïtre Korben qui inaugurera le prochain et dernier billet de cette série sur leur vision à moyen/long terme de ce genre de pratique :
La pub adsense… mais c’est pas grand chose non plus.
Non, ce que je cherche vraiment pour monétiser mon site ce sont des sponsors réguliers (ou un mécène) qui cherchent un peu de visibilité via des espaces publicitaires. Mais bon, ça j’ai pas encore… En France, on est encore un peu lent à décoller à ce niveau là… Du coup, je continue en tant qu’amateur à défaut d’en vivre
Bloguer est un plaisir pour moi. Ça en restera toujours un mais maintenant, je pense qu’il y a effectivement des opportunités à saisir pour pouvoir gagner un peu d’argent avec cette passion et comme on est comme tout le monde, qu’on cherche a arrondir les fins de mois, on serait les rois des cons de cracher dans la soupe…
Et encore tous mes remerciements à Eric Dupin, Geoffrey Dorne,Gonzague Dambricourt, Korben, Narvic, Vincent, Vanipod et Weetabix pour leur participation.
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