Voilà deux ans qu’on nous bassine avec le Web 2.0, que l’engouement est à son comble aussi bien sur Internet que dans les médias traditionnels (papier, TV,…). Et pourtant, qu’en dire aujourd’hui ?
Les promesses du Web 2.0
On nous a dit que le web communautaire était l’avenir et que tout allait très vite. Force est de constater 2 ans après que la vague s’est cassée sur les rives de la réalité. Les blogueurs, par exemple, étaient fiers de nous montrer que, chez eux, le commentaire était possible et donc, par ce biais, l’échange. C’était la naissance de l’idée de « blogosphère« .
Une idée toute simple : Faire des blogs un petit pouvoir dans le sens où l’union ferait la force, que les forces vives se rencontreraient sur des sujets d’intérêt commun, que cela créerait de fait des groupes capables de faire pression et d’avancer des idées dans les arcanes des pouvoirs en place. Cela passait par de l’information libre et rapide, par des expertises pointues, par des travaux communautaires.
En voilà une belle idée, en laquelle nous avons cru, qui devient en 2010 une utopie à laquelle plus personne n’ose croire.
2010 : Constat d’un échec partiel
Je crois encore à la possibilité que le réseau social, le communautaire, a sa place dans l’entreprise, qu’il peut être le vecteur d’un changement profond de gouvernance, aussi bien sur les politiques internes que sur la communication externe. Ce sera un changement très difficile du fait de l’immobilisme des grosses structures mais elle n’auront pas d’autre choix que de prendre en compte la façon dont les consommateurs agissent et réagissent, en temps réel, sur des réseaux où le regroupement est facile (comme Facebook), dans des espaces où certains sont encore libres de dire ce qu’il veulent mais qui n’en demeurent pas moins publics (les blogs amateurs sans contrat publicitaire par exemple). Bref, si vous êtes une marque et que vous vous plantez ou que vous avez mis dans le mille, vous ne tarderez pas à le savoir. Enfin, vous le saurez si vous avez une cellule de veille qui a les outils nécessaires pour merner son travail à bien, ou un community manager qui fait bien son travail, ce qui est encore assez rare, voire inexistant dans la plupart des grandes sociétés, mais ce n’est pas le débat du jour.
En revanche, le constat d’échec part, à mon avis, de l’observation de ce que nous osons encore appeler la blogosphère. Celle-ci a explosé, elle n’a pas su devenir une force. De plus, elle a surexposé au grand public certains de ces éléments les plus médiocres.
Ceci est d’autant plus vrai que le sujet abordé est large. Prenons, par exemple, l’ensemble le plus hétérogène qui soit, sur le sujet le plus fouilli qui soit, la High Tech. Et prenons comme référentiel (et non comme référence) ce fameux classement Wikio qui fait tant parler de lui. Si vous regardez les 20 premiers de ce classement, vous vous rendrez compte que ces blogs ne sont absolument pas concentrés à 100% sur une problématique High Tech (sauf si vous considérez que vendre des chaussettes en ligne est high tech), que ces blogs ne sont pas liés entre eux et que la qualité a souvent fait place à la quantité et à la consensualité.
Quand je dis qu’ils ne sont pas liés entre eux, je veux dire qu’il n’y a aucun échange (constructif j’entends) entre les auteurs; chacun travaillant dans son coin, et, pour la moitié d’entre eux, en ne pensant qu’à des problématiques de référencement au lieu de privilégier la qualité de leurs billets, la valeur valeur ajoutée de leurs propos. Il n’y a donc pas de poids possible, de lobbying auprès de grandes marques à espérer.
Les sources de l’échec
Mais le pire, c’est que parmi ces vingt blogs les plus influents (selon Wikio toujours), on peut lire ce genre de choses :
Ce qui est le plus intéressant ce n’est pas vraiment l’information qui est relayé, bien que celle-ci sera dévoilé officiellement par communiqué dans quelques heures, c’est à la vitesse que cette informations circule, en quelques minutes plusieurs groupes Facebook sont créés et comptent quelques centaines de fans en seulement quelques minutes.[Source]
Les passages en gras ont été repérés par mes soins. Je vous épargne les erreurs de ponctuation qui viennent en plus pourrir la lecture. Voilà l’exemple typique d’un article écrit dans la hâte uniquement pour se placer sur les moteurs de recherche, sans réel intérêt ou valeur ajoutée. L’auteur n’étant pas le fils de Bescherelle, il écrit des énormités. Le blog en est rempli et l’homme déclare :
Vendeesign est un blog professionnel dédié aux tendances du web et à l’actualité de start-ups.[...]Il est édité par Benjamin Romei, consultant qui met à votre disposition son expertise web pour accompagner vos projets sur Internet (stratégie, référencement, créations de sites).[Source]
Loin de moi l’envie de crucifier ici ce cher Benjamin, mais il faut reconnaître qu’il est la caricature de la mauvaise pratique des blogs et qu’il n’aide pas à la reconnaissance de ces derniers par les pouvoirs et les médias traditionnels. Il est impossible de prendre au sérieux une personne dont le seul moyen d’expression n’est pas maîtrisé.
Bien sûr l’exemple des blogs high tech est caricatural mais exemplaire car les protagonistes sont hyper connectés via Twitter. Et, croyez-moi, le blog le plus caricatural n’est pas dans ce classement car il a préféré le quitter récemment (oui oui, je parle bien de Nowhereelse). Bref, il n’existe pas de communauté High tech, juste une addition d’individualité qui, chacune de leur côté, ne pèse rien.
Impossible donc pour eux de se « syndicaliser » afin de faire plier des marques, impossible d’être pris au sérieux et donc impossible de faire de l’argent, même pour les blogueurs qui en ont fait leur profession. Car, ce qu’ils ne veulent pas comprendre, c’est que leur unité aurait créé leur force, que les échanges auraient permis de diffuser à grande échelle des idées communes et qu’un gros gâteau à se partager est souvent plus intéressant que les restes d’un petit gâteau.
Ma démarche personnelle
Alors, je vous vois venir avec vos « Mais il se prend pour qui pour nous donner des leçons, je fais 15 000 VU/jour moi ». Et je suis bien d’accord avec vous, je ne vous suis absolument pas supérieur, je ne produis pas un contenu qui permette de faire venir une foule de visiteurs, je ne « produis » pas assez de billets, sur des sujets trop variés, etc. En revanche, ce que je fais chez moi et que je vois de moins en moins chez les autres, ce sont les échanges.
Sur mon blog, vous pouvez facilement trouver dans les colonnes de droite :
- La liste de mes blogs préférés (Les Photoblogs, Ma Sphère, Mes Lectures)
- Un lien vers les sites de mes commentateurs quand il y en a (Les Grandes Gueules)
- Les dix derniers billets de blogs qui ont retenu mon attention (Sélection RSS) que vous retrouvez sur la page dédiée « Revue de Blogs«
- Les 10 derniers billets sur lesquels j’ai laissé un commentaire (Mes Comms)
- Les dix derniers billets qui ont parlé de mon blog (Ils parlent de GuAM)
Alors certains vous diront que cela ne sert à rien, que c’est mal fait, moche, etc. Soit, mais ça a le mérite d’exister et de mettre en avant la « communauté » dans laquelle je m’inscris. Imaginez que tout le monde en fasse autant…
Une fois de plus, la discussion est ouverte, ne vous privez pas
(Sauf les trolls dont les commentaires disparaîtront d’un coup de baguette magique puisque c’est bien connu, les fées niquent les trolls)
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